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mercredi 17 octobre 2018

L'interview de la semaine : Sandrine Destombes




Cette année, ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont concocté les questions de l’interview, celles qui leur trottent dans la tête, celles qu’on ne leur pose jamais, ou tout simplement celles qu’ils aimeraient poser aux autres auteurs.




Aujourd’hui l’interview de 
Sandrine Destombes




1. Certains auteurs du noir et du Polar ont parfois des comportements borderline en salon. Faites-vous partie de ceux qui endossent le rôle de leurs héros ou protagonistes pendant l'écriture, histoire d'être le plus réaliste possible ?
Bande de psychopathes !
Absolument pas ! Je suis sage comme une image. En revanche, j’observe mes petits camarades et je prends des notes. On ne sait jamais. Avoir des dossiers sur ses confrères, ça peut toujours servir...
2. Douglas Adams est promoteur de 42 comme réponse à la vie, l’univers et le reste. Et vous quelle est votre réponse définitive ?
Life is a bitch, then you die !
3. Y a-t-il un personnage que vous avez découvert au cours de votre vie de lecteur et avec lequel vous auriez aimé passer une soirée ?
Ilya Kalinine, des Camut & Hug, à la condition qu’il se fasse teindre les cheveux en brun.
4. Si tu devais avoir un super pouvoir ce serait lequel et pourquoi?
Métamorphe comme Mystic. Ça ouvre le champs des possibles !
5. Est-ce que tu continuerais à écrire si tu n'avais plus aucun lecteur ? (même pas ta mère)
Je passerais peut-être à l’enregistrement vocal. Sérieux, quitte à pas être lu(e), pas la peine de perdre du temps à taper tous les mots.

6. Quel a été l'élément déclencheur de ton désir d'écrire ? Est-ce un lieu, une personne, un événement ou autre ?
Un trop plein de temps. Sensation nouvelle et étrange pour moi qu’il m’a fallu combler.
7. Est-ce que le carmin du sang de ses propres cicatrices déteint toujours un peu dans l'encre bleue de l'écriture ?
Forcément. Détourné, ou déguisé, mais forcément !
8. Penses tu qu'autant de livres seraient publiés si la signature était interdite ? Et toi, si comme pour le trophée Anonym'us, il fallait publier des livres sous couvert d'anonymat, en écrirais-tu ?
Autant, peut-être pas, mais cela donnerait une chance à tout le monde. Quant à écrire sous l’anonymat, je pense que j’y prendrais un certain plaisir !
9. Pourquoi avoir choisi le noir dans un monde déjà pas rose ?
Une forme de catharsis, j’imagine…
10. Quelles sont pour toi les conditions optimales pour écrire ?
Le soleil, l’espace et le calme (bref, les vacances !)
11. si vous deviez être ami avec un personnage de roman, lequel serait-ce?
Rocco Schiavone, le personnage récurrent d’Antonio Manzini. J’aime tout chez lui !
12. Quel est ton taux de déchet (nombre de mots finalement gardés / nombre de mots écrits au total ) ? Si tu pouvais avoir accès aux brouillons/travaux préparatoires d’une œuvre, laquelle serait-ce ?
Pas beaucoup de déchets. Je fais déjà dans le minimalisme. Si je retirais des mots, la phrase deviendrait bancale.
Je n’aimerais pas avoir accès aux brouillons des autres. Où serait la magie si on connaît les ficelles.


jeudi 8 mars 2018

Une auteure sur la terrasse : Cloé Mehdi

1. Votre premier manuscrit envoyé à un éditeur, racontez-nous ?
Après deux manuscrits refusés partout et une jolie collection de lettre de refus (une bonne quarantaine) j'ai rencontré Françoise Guérin, auteure de A la vue, à la mort, que j'avais beaucoup aimé. Je venais d'achever un autre roman et j'essayais de cibler des éditeurs sans être sûre du genre auquel il appartenait. Je lui ai demandé si elle pensait qu'il s'agissait d'un polar, je lui ai envoyé les premiers chapitres et elle m'a conseillé de l'envoyer de suite aux éditions du Masque : c'était la période des sélections pour le prix du premier roman policier du festival de Beaune, mais ça je l'ai compris plus tard. Du coup je l'ai à peine retravaillé. Hélène Bihéry, qui a quitté le Masque peu de temps après, m'a informée qu'elle le retenait pour le présenter au jury, et un mois plus tard elle m'a appris que j'étais l'heureuse élue (publication à la clé avec un très bon tirage pour un premier roman). Ça faisait un peu conte de fées. Ensuite il y a eu le fastidieux travail éditorial et j'ai déplané, retour à la réalité !

2. Ecrire… Quelles sont vos exigences vis à vis de votre écriture ?
Elles varient tout le temps à mesure que j'identifie les problèmes qui ont tendance à revenir dans mes textes. Plus j'écris et plus je fais gaffe à ce que ce soit le plus concis possible. J'ai notamment tendance à faire beaucoup de redites. Je pense que ça se voit surtout dans mon premier roman.

3. Ecrire… Avec ou sans péridurale ?
Pas besoin de péridurale, on dit qu'écrire un livre c'est comme avoir un enfant mais personnellement je pense que ça me fait quand même beaucoup moins mal... Ecrire est un plaisir, sinon je n'écris pas.
4. Ecrire… Des rituels, des petites manies ?
La clope malheureusement. J'essaie de réduire mais mon cerveau a enregistré l'équation inspiration = cigarette et sans fumer j'ai du mal à écrire...

5. Ecrire… Nouvelles, romans, deux facettes d’un même art. Qu’est ce qui vous plait dans chacune d’elles ?
En fait je suis loin d'être à l'aise avec le format nouvelle. J'ai essayé d'en lire mais à ce jour il n'y en a aucune qui m'ait marquée (contre des centaines de romans). Je tente d'en écrire uniquement quand on me le demande, ou à de très rares occasions quand une formidable déferlante d'inspiration me balaie (si si). J'en ai écrit quelques-unes du temps où j'écumais les concours de nouvelles, avant d'être éditée. J'ai besoin de m'attacher aux personnages pour apprécier une histoire, que j'en sois l'auteure ou la lectrice, et je trouve ça très difficile en quelques pages. Le roman permet de prendre le temps qu'on veut pour dérouler son propos.

6. Votre premier lecteur ?
Ma môman.

7. Lire… Peut-on écrire sans lire ?
Aucune idée. Mais j'ai du mal à allier la lecture et l'écriture. Je me suis remise à lire très récemment après une période de jeûne littéraire de plusieurs années, et j'ai compris pourquoi j'avais arrêté : un bon roman, c'est merveilleux, mais je n'arrive pas à en émerger pour écrire et j'écris beaucoup moins.

8. Lire… Votre (vos) muse(s) littéraire(s) ?
Il n'y en a pas vraiment, j'aime des romans mais jamais toute la bibliographie d'un auteur. J'admire quand même Ryu Murakami pour la bizarrerie et la violence malsaine de ses romans, Daniel Pennac pour sa capacité à mêler le tragique et la joie de vivre et à faire aimer ses personnages, même les moins aimables.

9. Soudain, plus d’inspiration, d’envie d’écrire ! Y pensez-vous ? Ça vous est arrivé ! Ça vous inquiète ? Que feriez-vous ?
Ça ne m'est jamais arrivé avant d'être publiée... et beaucoup après. J'ai très peu écrit depuis la parution de mon dernier roman, il y a plus d'un an. Après je ne suis jamais dans l'incapacité totale d'écrire, mais je n'arrive pas à tenir un projet et je recommence un nouveau truc tous les mois. Ne pas pouvoir écrire du tout ne m'est jamais arrivé. Ce que je ferais ? J'essaierais de me mettre au dessin (après quelques sanglots hystériques quand même).

10. Pourquoi avoir accepté de participer au Trophée Anonym'us ?
C'était proposé si gentiment !

11. Voyez-vous un lien entre la noirceur, la violence de nos sociétés et du monde en général, et le goût, toujours plus prononcé des lecteurs pour le polar, ce genre littéraire étant en tête des ventes?
Je ne sais pas, je me demande toujours à quel point la demande suscite l'offre, ou l'inverse. Si tu allumes la télé tu vois des séries policières ou des reportages du style « 24 H avec la BAC » sur toutes les chaînes. Télévisuellement il y a clairement un culte de l'uniforme et une fascination pour les méchants voyous/criminels/terroristes, est-ce que ça se répercute sur les lectures ? Est-ce que le monde est plus violent ou est-ce que la peur est davantage un moteur politique et médiatique qu'il y a vingt ans ?

12. Vos projets, votre actualité littéraire ?
Nada pour l'instant.

13. Le (s) mot(s) de la fin ?

Dans le citron tout est bon !

Interview réalisé en collaboration avec le blog Lila sur sa terrasse

jeudi 1 février 2018

Un auteur sur la terrasse : Damien Eleonori

1. Votre premier manuscrit envoyé à un éditeur, racontez-nous ?
L’écriture est venue à moi par pur hasard et, lorsque mon premier roman a été finalisé et que j’ai pu tenir cet objet inconcevable entre mes mains, la sensation fut très étrange. J’étais fier d’avoir été au bout de ce défi et pourtant, j’étais encore empli de doutes. Je n’avais à l’époque aucune connaissance des rouages du milieu de l’édition. Naïvement, j’ai donc envoyé mes manuscrits à plusieurs maisons d’édition, en espérant des réponses, même négatives. Les refus, par de simples lettres-type, ont été difficiles à encaisser je l’avoue mais tout cela a été extrêmement formateur. Cela m’a permis de me remettre en question, de revoir ma copie, d’apprendre.
Aujourd’hui, je suis persuadé qu’un premier manuscrit envoyé par courrier, noyé parmi les centaines reçus quotidiennement, n’a que très peu de chances d’être édité.  Pour sortir son épingle du jeu, un auteur doit faire ses preuves et surtout travailler, régulièrement et sur la durée.

2. Ecrire… Quelles sont vos exigences vis à vis de votre écriture ?
Surprendre, toujours. Surprendre les lecteurs qui me découvrent comme ceux qui m’ont déjà lu. Au-delà de cela, le plus important est de susciter des émotions. De parvenir à emmener le lecteur dans notre univers, le faire voyager. Lorsque j’écris, j’essaye de faire en sorte que mes textes suivent le rythme que je souhaite, comme de la musique. J’avoue être très exigent : je me relis plusieurs fois, je fais appel à des bêta-lectrices tout au long de l’écriture, entre autres. Mais je reste un éternel insatisfait, à mon grand dam.

3. Ecrire… Avec ou sans péridurale ?
Sans péridurale, un accouchement dans la douleur. Lorsque l’on met au monde un roman, la souffrance est également présente. Des mots difficiles à coucher sur papier, des pages qui nous font mal, une critique qui nous heurte. Je crois que c’est ce qui permet à un texte d’être sincère, abouti et de toucher les lecteurs. Quand l’auteur s’est donné corps et âme et a livré une partie de lui-même. Sans anesthésiant, pour ressentir chaque sensation.

4. Ecrire… Des rituels, des petites manies ?
L’écriture, je le crois, est quelque chose de très solitaire. Pour ma part, j’ai besoin de me créer une bulle dans laquelle je m’isole. La plupart du temps, je me sers de musique : écouteurs sur les oreilles, son assez fort pour ne pas entendre les bruits extérieurs. Une playlist où se côtoient Imagine Dragons, Yann Thiersen ou même du classique et des covers version piano. L’essentiel est que cette musique me permette de m’évader.

5. Ecrire… Nouvelles, romans, deux facettes d’un même art. Qu’est ce qui vous plait dans chacune d’elles ?
Deux processus d’écriture radicalement opposés mais tout aussi plaisant. Pour un roman, on peut prendre son temps. Poser l’intrigue, développer les psychologies, mettre en place chaque élément comme un puzzle. Il est grisant de voir son roman évoluer, au gré des idées, et prendre une toute autre tournure au fil des mois. Une nouvelle au contraire, doit, dès les premières phrases, accrocher le lecteur et aller à l’essentiel. Avec suffisamment de profondeur et une fin à la hauteur, le tout en une dizaine de pages. Un défi tout aussi attractif pour un auteur.

6. Votre premier lecteur ?
Mon épouse. Ma première critique également, celle que je cherche avant tout à convaincre. Chaque texte doit passer par son jugement intransigeant et pertinent, avant de pouvoir être lu par d’autres. Quand on sait qu’elle n’est pas une fervente lectrice, le challenge n’en est que plus grand.

 7. Lire… Peut-on écrire sans lire ?
L’imagination a besoin d’être nourrie constamment d’histoires. Films, séries, romans, nouvelles, jeux vidéo, etc…Peu importe le support, tout récit permet d’alimenter notre imagination en carburant. La susciter, l’entretenir, cultiver cette envie constante de se laisser porter ailleurs par des mots. Lire n’est pas forcément essentiel pour écrire. S’abreuver d’histoires, oui.

 8. Lire… Votre (vos) muse(s) littéraire(s) ?
Je cite très souvent Maxime Chattam et Jean-Christophe Grangé. Pour leur audace, leur style accrocheur et accessible, pour cette imagination sans limites et surtout sans barrières. Ces auteurs-là, en plus de leur talent indéniable, ont souvent des mots très justes sur le travail d’auteur. Stephen King, Dan Brown ou encore Guillaume Musso, Franck Thilliez font également partie des auteurs que j’admire énormément.

9. Soudain, plus d’inspiration, d’envie d’écrire ! Y pensez-vous ? Ça vous est arrivé ! Ça vous inquiète ? Que feriez-vous ?
Je crois que les personnes créatives, celles qui façonnent quelque chose, sont invariablement sujets aux montagnes russes émotionnelles. A plusieurs fois, l’envie d’écrire s’est affaiblie, jusqu’à parfois s’évanouir presque. Par manque de confiance, à cause de trop nombreux doutes. J’ai la chance d’être entouré de personnes qui croient en moi plus que je n’y crois moi-même. Ma femme la première mais également un cercle d’auteurs qui savent me rassurer et me rebooster. Heureusement pour moi, l’inspiration, elle, ne m’a jamais quittée.


10. Pourquoi avoir accepté de participer au Trophée Anonym'us ?
J’ai suivi le trophée l’année dernière, avec beaucoup d’intérêt. Le Trophée Anonym’us permet aux auteurs d’être jugé sur leurs textes, à l’aveugle, sans distinction, et de se confronter à de grands noms. Autrement dit, c’est à nous de faire nos preuves, de montrer ce dont on est capables. Un véritable défi que tout auteur voudrait pouvoir relever. Chacun a sa chance, je le crois. Et il faut avouer que l’exercice est très excitant.



11. Voyez-vous un lien entre la noirceur, la violence de nos sociétés et du monde en général, et le goût, toujours plus prononcé des lecteurs pour le polar, ce genre littéraire étant en tête des ventes?
Le fait que ce genre soit ancré dans notre réalité renforce son pouvoir sur les lecteurs. On visualise les lieux et les scènes, on s’identifie aux personnages, on imagine ce qu’ils peuvent ressentir, émotionnellement et physiquement. Les lecteurs ont envie d’émotions fortes, d’être bousculés, choqués, émus. Le polar/thriller a toujours été le genre idéal pour cela. Je crois plutôt que les polars nous permettent d’ouvrir les yeux sur la violence de notre monde et, en quelque sorte, d’exorciser nos peurs.

12. Vos projets, votre actualité littéraire ?
Depuis presque un an, je travaille sur un projet de recueil de nouvelles regroupant des auteurs aux parcours tous différents. Ce recueil, intitulé Phobia, verra le jour en mars 2018. Parallèlement, je travaille sur mon second roman, la suite directe de Psyché.

 13. Le (s) mot(s) de la fin ?
Le meilleur est à venir.



Interview réalisé en collaboration avec le blog Lila sur sa terrasse

jeudi 25 janvier 2018

Une auteure sur la terrasse : Claudine Chollet

1. Votre premier manuscrit envoyé à un éditeur, racontez-nous ?

Mon premier manuscrit envoyé, c’est un « Poulpe » de la série culte des années 90 créée par Jean-Bernard Pouy. À propos de ce petit polar, j’ai une anecdote : je ne connaissais pas cette série écrite par des auteurs différents à partir d’une bible commune. Or le premier « Poulpe » que je lis (de Pascal Dessaint) se passe exactement là où je possède une grange à foin que je retape alors chaque été en Ariège : le crime est même commis dans ma grange. Tout y est, les lieux, les gens et… l’ours. Y voyant un signe, j’écris en 2 mois ½ un « Poulpe » que j’adresse à l’éditeur La Baleine. Mon manuscrit sera publié… quatre ans plus tard. Inutile de dire que je n’y croyais plus. Le bouquin s’est très bien vendu. Alors que l’éditeur était sur le point d’en faire une BD, dépôt de bilan… pas de bol.
Le personnage principal de ma propre série des « Polycarpe » porte le patronyme de Houle, histoire de filer la métaphore maritime en hommage à La Baleine et au Poulpe qui m’ont porté chance.

2. Écrire… Quelles sont vos exigences vis à vis de votre écriture ?

Le style fait l’œuvre, comme la gestuelle et les expressions sont le reflet de la personnalité. Au-delà de l’histoire qui est racontée, le plaisir de la lecture vient du rythme, des sonorités, du choix des mots, des tournures de phrases, du point de vue de la narration : on doit montrer les scènes sous différents angles, zoomer, prendre du champ, etc. L’effet produit sur le lecteur doit être l’objectif de l’écrivain. On écrit pour être lu, pour témoigner le mieux possible de notre condition d’humain, non pour complaire à soi-même. Contrairement aux apparences, les styles les plus limpides sont les plus chiadés. J’approuve ce que dit Éric Maravélias sur les dialogues : dans un roman, on ne peut pas reproduire les dialogues de la vraie vie, ce serait insupportable pour le lecteur.
Tous les genres littéraires sont possibles, mais c’est par l’écriture que l’auteur va plus ou moins toucher le lecteur, laisser son empreinte.

3. Écrire… Avec ou sans péridurale ?

Sans. Je suis même tellement maso que les douleurs de l’enfantement, ça me plaît… Et puis, comme pour les vrais naissances, une fois le « travail » fini, on se réjouit de son bébé, on ne se souvient plus de la douleur.

4. Écrire… Des rituels, des petites manies ?

Quand j’ai beaucoup travaillé un paragraphe que je dois supprimer, ça me fait mal au cœur, alors je le place dans un fichier nommé « paragraphes en réserve » avec la consolation de me dire que je les réutiliserai. En fait, je ne les réutilise jamais…
Sinon, j’aime boire un whisky à la fin d’une journée d’écriture, pour passer agréablement du monde virtuel au monde réel !

5. Écrire… Nouvelles, romans, deux facettes d’un même art. Qu’est-ce qui vous plaît dans chacune d’elles ?

Écrire des nouvelles est pour moi un art un peu frustrant car j’aime entrer dans l’intimité de mes personnages, les retrouver comme des amis, ce que me procure l’écriture des romans. Le roman rend compte de la vie en société, tandis que la nouvelle montre des personnages à un moment clé de leur destinée. En dehors de ma saga des « Polycarpe », j’aime écrire des « instantanés », sorte de récits courts où je montre des comportements révélateurs d’une personnalité, sans scénarios ni chutes… qui épinglent nos congénères.

6. Votre premier lecteur ?

Quand le livre est achevé, quand je ne me demande plus comment je vais continuer le récit parmi les dizaines d’options narratives possibles, je fais ma propre relecture. Mais mon mari est le véritable premier lecteur, intransigeant mais juste. Il ne laisse passer aucune invraisemblance, ni erreur de date… Je ne soumets plus mes manuscrits à mes amies ; malgré leur bienveillance, elles considèrent que tant qu’un livre n’est pas imprimé, il n’est pas fini et me suggèrent d’autres péripéties, une autre fin…

7. Lire… Peut-on écrire sans lire ?

Pendant les périodes d’écriture intense, je lis peu de fictions. Je lis des biographies, des revues, des journaux. Je ne veux pas me laisser influencer par l’écriture des autres auteurs. Je vis en symbiose avec mes personnages ; le soir je m’endors en imaginant ce qu’ils feront le lendemain…. Hors période d’écriture, en revanche, je lis beaucoup. Je suis tentée par les romans promus dans la presse, je les achète, mais hélas je suis souvent déçue… J’apprécie bien les chroniques des blogueuses littéraires qui permettent de faire un choix avant d’acheter les livres.

8. Lire… Votre (vos) muse(s) littéraire(s) ?

Caldwell avec Jenny toute nue, Duras et ses petits chevaux de Tarquinia, Virginia Woolf avec Mrs Dalloway et La promenade au phare… mais aussi Le Décaméron de Boccace,  Les Illusions perdues, L’éducation sentimentale… Les auteurs qui m’ont donné envie d’écrire des romans policiers : G. Leroux et A. Christie. Et j’ai de la reconnaissance pour Lilian Jackson Braun (la série des chats, Les grands détectives) qui a inventé le roman policier sans policier, sans détective, sans violence, voire sans suspense… mais non sans humour ; grâce à elle, j’ai su que c’était possible !

9. Soudain, plus d’inspiration, d’envie d’écrire ! Y pensez-vous ? Ça vous est arrivé !
Ça vous inquiète ? Que feriez-vous ?

Je n’éprouve pas l’envie d’écrire, mais le besoin. Un besoin aussi irrépressible que manger ou dormir. De sorte que je ne risque pas la panne ! L’inspiration, c’est autre chose et ça se résout par le travail. J’ai peur parfois d’être empêchée physiquement d’écrire, je m’imagine mal écrire en clignant des yeux… là, j’abandonne d’avance.

10. Pourquoi participer au Trophée Anonym'us ?

C’est une initiative formidable qui met en œuvre des valeurs que je partage : auteurs édités et non édités sur la même ligne de départ, un prix non bidouillés, des lecteurs internautes qui donnent leur avis… et faire partie d’une petite bande d’énergumènes à cicatrices …

11. Voyez-vous un lien entre la noirceur, la violence de nos sociétés et du monde en général, et le goût, toujours plus prononcé des lecteurs pour le polar, ce genre littéraire étant en tête des ventes ?

Si le polar est aujourd’hui en tête des ventes, c’est que le pouvoir des bien-pensants de la littérature a perdu du terrain. Les demoiselles Lelongbec qui tenaient les librairies et qui régnaient sur les bibliothèques ont passé la main… La violence de nos sociétés est seulement plus visible : au temps de saint Polycarpe, (1er siècle après J-C) on torturait, on brûlait, on écorchait son prochain pour un oui, un non ! Les polars sondent la violence, en éclairent les causes, montrent les terribles failles de nos congénères.

12. Vos projets, votre actualité littéraire ?

En dehors du prochain Polycarpe, Le dernier clou du cercueil, le 8ème de la série, qui sortira en 2018 si tout va bien, je vais publier Les petits secrets de Polycarpe, un recueil de réflexions sur l’écriture de ma série et sur l’écriture en général.
Je prépare actuellement, avec mon confrère Denis Soubieux et ma consœur Nicole Parlange, la deuxième édition de POLAR SUR LOIRE, le salon du polar qui réunit des auteurs de Touraine et du Val de Loire. Ce salon est organisé par des auteurs pour des auteurs, sans interventions d’élus et sans subventions. L’an passé, nous avons fait un tabac. Il aura lieu le 25 novembre 2017, salle Ockeghem, dans le Vieux Tours, de 10 h 30 à 19 h.

13. Le (s) mot(s) de la fin ?


Salut aux participants du concours Anonym’us et aux organisateurs.

jeudi 18 janvier 2018

Une auteure de la team sur la terrasse : Tara Lennart

1. Votre premier manuscrit envoyé à un éditeur, racontez-nous ?
Une histoire un peu absurde… D’abord l’enthousiasme du comité de lecture (d’une « grosse ») maison, puis l’éditeur qui m’appelle pour convenir d’un rendez-vous… et finalement me dire qu’il aime bien le roman mais qu’il n’y a « pas d’intrigue », donc qu’il ne peut pas le publier. Phrase mystérieuse qui m’a amenée à constater qu’il y avait énormément de romans sans intrigues - y compris chez lui. C’est un peu bizarre à entendre, venant d’un éditeur qui prend du temps pour vous appeler et parler de votre roman, puis se ravise comme s’il le découvrait d’un coup. Mais bon… ça prend du temps de s’habituer à ce qu’un éditeur vous pointe un défaut qui sera souligné comme une qualité par un autre !

2. Ecrire… Quelles sont vos exigences vis à vis de votre écriture ?

Si j’ai retenu une chose des dizaines de textes lus sur l’écriture, sur les conseils d’écrivains reconnus à des débutants, c’est de travailler. Toujours, sans cesse. Peu importe qu’on essaie de copier les manies de X ou Y qu’on adore, sa méthode de travail ne sera pas forcément la bonne pour nous. Par contre, chercher au plus près ce que l’on veut dire, pourquoi, comment, ce qu’on veut générer comme sentiment chez le lecteur, ce qu’on veut dire de nous, du monde, de notre perception, ça demande de beaucoup travailler. Pas forcément de s’asseoir tous les jours à heure fixe devant son texte, mais de plonger en soi, quelque part. De se questionner sur ses intentions, de toujours chercher à faire mieux. Bien sûr, il faut savoir trouver le moment où on se dit « c’est bon », et ne pas devenir obsessionnel et passer sa vie sur les mêmes trois lignes…

3. Ecrire… Avec ou sans péridurale ?
L'écriture est une péridurale ! Le monde actuel est tellement brutal, tellement violent et paradoxal, parfois d’une absurdité insupportable qu’il me semble nécessaire de s’évader, de sublimer. L’écriture permet ça, tout en donnant la possibilité magique de laisser une trace, un petit caillou de son ressenti, de son regard, de sa façon de vivre l’époque et d’en témoigner. Duras disait que l’écriture est une façon de « hurler sans bruit » et je trouve cette idée magique. Hurler, ça fait du bien !

4. Ecrire… Des rituels, des petites manies ?

Ah les manies ! Oui en y réfléchissant, j'en ai quelques unes... Je n'écris que le soir, soit dans mon canapé, soit dans mon lit, calée dans des coussins. J'ai besoin du calme extérieur, de l’obscurité et de l'absence de sollicitations... J'écoute toujours de la musique, ou presque, comme pour à la fois me plonger dans ce que j’écris et rythmer mes pensées, sans que la nature de la musique ne déteigne sur le propos. Je peux raconter une histoire drôle en écoutant du black metal satanique, comme avoir en fond sonore de la pop acidulée alors que je raconte des horreurs.

5. Ecrire… Nouvelles, romans, deux facettes d’un même art. Qu’est ce qui vous plait dans chacune d’elles ?
C'est amusant de répondre à cette question en ayant écrit trois romans et encore publié aucun ! J’aime beaucoup l’exercice de concision que demande l’écriture d’une nouvelle, le travail de précision, la recherche d’efficacité et de rapidité. Dans un roman, c’est le déroulement, au contraire qui va me plaire, le fait de m’attacher plus durablement aux personnages, à leur inscription, leur façon d’être et ce qu’ils veulent dire. C’est complémentaire, je trouve.


6. Votre premier lecteur ?
Je commence par relire mes textes à voix haute en marchant dans mon salon, pour trouver la musique du texte, dépister les répétitions et voir si le texte prend forme, lu tel quel. Après, vient l’étape premier lecteur, ou plutôt première lectrice, puisque ma meilleure amie, illustratrice et coloriste de BD, lit mes textes depuis des années et me donne son ressenti, son avis sur les passages à revoir, le travail à apporter. C’est une étape indispensable !

7. Lire… Peut-on écrire sans lire ?
A mon sens, ce serait une aberration ! Les écrivains que je fréquente sont de grands lecteurs qui restent en prise avec le monde littéraire et son actualité. Je ne comprends pas comment on pourrait écrire sans se nourrir de l’écriture des autres.

8. Lire… Votre (vos) muse(s) littéraire(s) ?
Il y en a tellement ! En fonction des époques et de ce que je cherchais dans les livres. Poppy Z. Brite, Bret Easton Ellis, Guillaume Dustan, Marguerite Duras font partie des piliers… Mais pourrais-je ne pas céder au name dropping et ne pas citer Jim Harrison, Charles Bukowski, Jack Kerouac, William Burroughs, Nina Bouraoui, Hervé Guibert, Virginie Despentes, John Fante, Ann Scott, Raymond Carver, Camille Laurens (et beaucoup d’écrivains américains dont le sens de la nouvelle reste inégalé à mes yeux). En fait, je peux tomber amoureuse d’une nouvelle, d’une phrase, d’un regard sur le monde, d’une manière de le retranscrire comme d’une oeuvre entière. Autant dire que ma bibliothèque me pose quelques soucis de place.

9. Soudain, plus d’inspiration, d’envie d’écrire ! Y pensez-vous ? Ça vous est arrivé ! Ça vous inquiète ? Que feriez-vous ?
Ah ha l'horreur, l'horreur absolue... Oui, ça m'est arrivé, et ça m’arrive même assez souvent. Avec le temps, j'ai appris à arrêter de paniquer, déjà. A autoriser mon cerveau à vouloir se détendre ou juste se mettre en mode off, et j'en profite pour regarder des films, jouer à des jeux vidéos, sortir. En fait, c'est assez agréable, parce que comme en arts martiaux, où les gestes et les chorégraphie s'enregistrent quand on ne les pratique pas, les textes évoluent quand on n’y touche pas. On ne perd pas l’écriture, du moins je n’ai pas assez de talent pour que ça me soit arrivé… C’est un bel exercice de lâcher prise en tout cas.

10. Pourquoi avoir accepté de participer au Trophée Anonym'us ?

Une amie d'écriture m'a vivement encouragée, alors que je n'écris jamais rien qui s'apparente à l'univers du polar. C'était un peu une sorte de challenge. Des écrivains que j'apprécie beaucoup ont participé aux éditions précédentes, en plus, ça me faisait bien envie. Mais il restait le question de « quoi écrire ? » (moi qui ne sais pas construire d’intrigue), et une fois le pitch de la nouvelle trouvé, c’était un plaisir de l’écrire, de plonger dans le noir, de trouver de nouveaux curseurs, un nouvel équilibre dans la construction d’un texte.

11. Voyez-vous un lien entre la noirceur, la violence de nos sociétés et du monde en général, et le goût, toujours plus prononcé des lecteurs pour le polar, ce genre littéraire étant en tête des ventes?

Oui, effectivement, je pense que nos lectures en disent long sur notre rapport au monde. Le polar, loin de n’être qu’une mode, pourrait être un moyen d’évacuer toute la violence imposée, de se défouler intellectuellement en lisant des atrocités, en constatant que les « méchants » sont généralement punis et que le crime ne paie pas, ou au contraire que ces salauds sont drôlement malins, de se confronter à une violence choisie et de voir son déroulement puis sa résolution en s’échappant.

12. Vos projets, votre actualité littéraire ?

Je suis en train de finaliser un recueil de nouvelles, et j'en suis folle de joie. J'ai toujours rêvé de publier des nouvelles plus que des romans. En France, c'est moins bien vu et plus délicat de publier des nouvelles quand on n'a pas déjà deux ou trois romans à son actif. Je suis en train de travailler avec une maison que j'adore et suis de près depuis des années... Et puis par ailleurs, j'ai toujours deux ou trois projets en cours, en lecture, construction, élaboration... Bref, ça devrait bientôt voir le jour !

13. Le (s) mot(s) de la fin ?
Merci Anonym'us et vive le noir !



Interview réalisé en collaboration avec le blog Lila sur sa terrasse

jeudi 11 janvier 2018

Un auteur sur la terrasse : James Osmont

1. Votre premier manuscrit envoyé à un éditeur, racontez-nous ?

Bonjour, quand même ! On n'est pas des bêtes ! Bon, oui, le manuscrit, l'éditeur, les espoirs pleins les yeux mirant chaque page qui sort de la photocopieuse, avec au final un ticket de caisse d'une tonne, mais qui ne pèse pas encore aussi lourd que toute l'ambition que tu y as mis... Jusqu'au drame. Le silence. Plus que le refus, même non motivé (ou bien par une lettre standardisée) ; le foutu silence. Mais c'est une histoire que tout le monde a vécu, miracles mis à part. D'une confondante banalité, même, cette histoire !

2. Ecrire… Quelles sont vos exigences vis à vis de votre écriture ?
Ça vaut ce que ça vaut, et sans prétention aucune ; mais il est clair que j'apporte beaucoup de soin au style et à la « petite musique des mots », au rythme etc... Sur le fond, mon leitmotiv était de livrer une copie réaliste et crédible cliniquement, loin de certaines caricatures pseudo-psychiatriques que l'on rencontre dans beaucoup de « romans de genre »

3. Ecrire… Avec ou sans péridurale ?

J'aurais voulu dire « avec », par confort. Mais en réalité c'est « sans », ça m'épuise, ça prend la place de tout le reste, sommeil compris, ça m''est sans doute nécessaire pour rendre un copie forte et urgente... Pour le moment du moins, je ne sais pas faire autrement. Tant que cela est synonyme de spontanéité et objet d'un fort sentiment d'accomplissement artistique, ça continuera comme ça.

4. Ecrire… Des rituels, des petites manies ?


Procrastiner. Même quand j'ai quatre heures devant moi, le temps de me mettre dans un certain état, me laisser traverser par les idées qui viennent, s'imposent parfois, à la naissance d'un fil à tirer ; je sais que je n'écrirai de manière vraiment productive que dans la dernière heure... Ça, plus la musique et le café, évidemment.

5. Ecrire… Nouvelles, romans, deux facettes d’un même art. Qu’est ce qui vous plaît dans chacune d’elles ?

Le vertige d'un roman, parce que tout est possible, l'horizon est souvent lointain, on respire, on peut prendre le temps, mais il faut s'astreindre à une certaine méthodologie. La concision et les contraintes d'une nouvelle, encore plus à thème imposé, ça a quelque chose de jouissif aussi, à réussir des contorsions pour faire entrer dans une cage cette animal a priori inapprivoisable qu'est l'inspiration.

6. Votre premier lecteur ?


Moi. Je pense que c'est très important, de prendre du recul et de relire en se disant en permanence : « si j'étais le lecteur lambda qui tombe sur ce texte, qu'est-ce que je ressentirais ?». Ensuite bien sûr je travaille avec deux ou trois beta lecteurs de confiance. Ma femme juste après, je ne peux pas lui montrer quelque chose de pas suffisamment abouti.

7. Lire… Peut-on écrire sans lire ?

Non. Absolument impossible. Du moins pour la fiction. Pour le témoignage, c'est différent je pense. En tout cas, on ne peut pas écrire sans « avoir lu ». C'est une culture, une gymnastique du cerveau, des archétypes, une notion (même partielle) de tout ce qui a déjà été dit et de quelle façon... Par cont pendant la phase de création très intense, là, j'éprouve beaucoup de mal à lire. Ça me parasite, ça chasse les idées qui germent et m'habitent alors. Ce qui fait que depuis deux ans, j'ai beaucoup réduit mon rythme de lecture.

8.. Lire… Votre (vos) muse(s) littéraire(s) ?

J'ai une culture classique. Imposée puis par goût. Zola en particulier. Par transgression adolescente, j'ai ensuite lu beaucoup de science-fiction, de fantasy, mais avec toujours la quête d'une vraie plume, Dan Simmons par exemple. Le polar, le thriller, c'est venu plus tard, parce que le temps pour lire était plus réduit à l'âge adulte et j'avais comme beaucoup de gens le besoin un peu primaire de ressentir, fort et vite. Mais je pense que ce genre peut ne pas se résumer à ça. C'est vraiment réducteur et un peu snob de le croire. Je citerais Vargas pour la plume, là aussi. Mais il y en aurait tellement d'autres...

9. Soudain, plus d’inspiration, d’envie d’écrire ! Y pensez-vous ? Ça vous est arrivé ! Ça vous inquiète ? Que feriez-vous ?

Je suis « auteur », mais avant les mots j'utilisais la photographie comme media. Les pannes d'inspiration ne m'ont jamais fait peur. C'est typiquement quand ont s'acharne à chercher ses clés que le trousseau reste introuvable. Si on laisse venir, si on repose son esprit, voire qu'on le met un peu en jachère, en lisant à nouveau par exemple ou en vivant d'autres expériences, en se ré-ouvrant aux autres : là les idées reviennent naturellement. Pour le moment ça s'est toujours passé comme ça. Si don il y a, il est peut-être là...

10. Pourquoi avoir accepté de participer au Trophée Anonym'us ?

Je n'ai pas eu à « accepter », puisque c'est une place que s'est libérée et qui m'a permis de proposer ma candidature. J'ai rapidement retenu l'attention et je n'en croyais pas mes yeux. Mais effectivement, le concept d'une joute d'auteurs reconnus et plus anonymes à l'aveugle est vraiment très stimulante. Quant à l'aspect humain ressenti lorsque plusieurs membres du jury sont venus me saluer et me souhaiter bonne chance : c'est rare et très appréciable.

11. Voyez-vous un lien entre la noirceur, la violence de nos sociétés et du monde en général, et le goût, toujours plus prononcé des lecteurs pour le polar, ce genre littéraire étant en tête des ventes ?

Les mass media voudraient le croire. Je pense que des histoires sombres dans la tradition orale ou depuis l'invention de l'imprimerie, l'Homme a toujours aimé s'en raconter. Pour expier ses peurs, pour souder les groupes dans une communauté de destin ou contre un ennemi commun, réel ou fantasmé. Il n'y pas plus de serial killers depuis qu'on les glorifie, j'en suis persuadé. Et il n'y pas plus de vocation de flic depuis Colombo ou Maigret. Il y a des équilibres immuables, des vocations de malfaisance ou de défenseurs de la veuve et de l'orphelin. C'est inhérent à la nature humaine. Le reste est affaire de marketing et de mode. Et il est de ce fait difficile de valoriser une démarche qu'on pense « artistique » dans un « marché » qui vise des cœurs de cible et se nourrit annuellement (voire plus) du thriller typique venu du nord ou du roman option flic bourru cinquantenaire ou de la surenchère sanguinolente etc... La bulle éclatera et la lassitude pointera son nez si on ne valorise pas les propositions plus en marge, qui débordent des cases, les genres et les grosses ficelles un peu usées...

12. Vos projets, votre actualité littéraire ?


Je termine cette trilogie avec le sentiment d'avoir beaucoup donné de moi. Je me mets un peu en dormance justement là, comme les orchidées pour qu'elles refleurissent, il faut les assécher un peu, qu'elles luttent pour leur survie... Mais ça revient vite, parfois malgré moi... J'écris plutôt des textes courts actuellement, certains servent à des participations à des concours, d'autres à des recueils de nouvelles comme celui au profit de la fondation ELLE. Je ne m'interdis rien, je n'ai pas de plan de carrière, je saisis les opportunités et les rencontres, ça a toujours plutôt porté ses fruits, que ce soit plume en main ou derrière mon objectif photo...

13. Le (s) mot(s) de la fin ? 


Restez curieux, l'auto-édition a son lot de promesses insoupçonnées, lisez pour la culture, la découverte, la bousculade émotionnelle, l'émulation intellectuelle, pas comme des consommateurs. On a le public que l'on mérite, et le mien est en or. Je n'en finis plus de dire merci pour ce qu'il m'arrive depuis deux ans. Bouche à oreille et rock n'roll !

jeudi 14 décembre 2017

Une auteure de la team sur la terrasse : Amélie Antoine

1. Votre premier manuscrit envoyé à un éditeur, racontez-nous ?
Après avoir achevé l’écriture de Fidèle au poste, mon premier roman, je l’ai envoyé à beaucoup d’éditeurs par courrier, en espérant qu’un jour quelqu’un m’appelle après avoir eu un coup de cœur pour mon texte… J’ai attendu plusieurs mois, puis j’ai commencé à recevoir des lettres de refus au compte-goutte jusqu’à abandonner l’espoir que ce roman convainque qui que ce soit.
Quelques mois plus tard, j’ai décidé de tenter ma chance en autoédition : je n’avais rien à perdre. Au pire, il ne se passerait rien, et au mieux, mon roman trouverait des lecteurs… J’ai eu la chance incroyable que Fidèle au poste plaise et se transforme en succès… au point qu’ensuite, plusieurs maisons d’édition viennent à moi pour me proposer de le publier… ! C’est comme ça que ce premier roman a débarqué en librairie en 2016, pile un an après sa sortie en autoédition.

2. Ecrire… Quelles sont vos exigences vis à vis de votre écriture ?
J’essaye de toujours chercher (et trouver) des intrigues originales, des structures narratives différentes qui sortent un peu de l’ordinaire. Et je ne commence à écrire que lorsque le squelette du roman me semble solide et crédible, lorsque je me sens en totale empathie avec mes personnages…

3. Ecrire… Avec ou sans péridurale ?
En voici une drôle de question ;) Écrire est-il plus difficile qu’accoucher... Mmm, je dirais que j’écris plus facilement dans la noirceur et la douleur, j’ai un penchant pour le sombre, pour les failles de l’être humain, pour tout ce qui peut le faire basculer du « mauvais » côté... Donc : sans péridurale !

4. Ecrire… Des rituels, des petites manies ?
Hormis le silence pour parvenir à m’entendre penser, rien d’extravagant, je pense... Et la manie de faire des dizaines de petites fiches en amont de l’écriture du roman !

5. Ecrire… Nouvelles, romans, deux facettes d’un même art. Qu’est ce qui vous plait dans chacune d’elles ?
Dans la nouvelle, j’aime l’idée de parvenir à accrocher le lecteur et à le convaincre en peu de temps. J’aime l’idée de chute inattendue, de bouleversement en quelques pages à peine. Dans le roman, j’apprécie la possibilité de pouvoir inventer et développer la psychologie des personnages, de permettre au lecteur de se mettre dans leur peau pendant un temps bien plus long, un temps qui permet davantage l’attachement.

6. Votre premier lecteur ?
Mon père !

7. Lire… Peut-on écrire sans lire ?
Je ne pense pas. Avant d’écrire, j’ai d’abord été une dévoreuse de livres. Et si je lis moins aujourd’hui faute de temps, il n’en reste pas moins qu’il me semble essentiel de pouvoir découvrir ce que font et inventent d’autres auteurs.

8. Lire… Votre (vos) muse(s) littéraire(s) ?
Laura Kasischke, Stephen King, Roald Dahl, Liane Moriarty… Des auteurs que j’admire beaucoup !
Derniers coups de cœur en date : Nous rêvions juste de liberté de Henri Loevenbruck et Le gang des rêves de Luca Di Fulvio.

9. Soudain, plus d’inspiration, d’envie d’écrire ! Y pensez-vous ? Ça vous est arrivé ! Ça vous inquiète ? Que feriez-vous ?
Je suis quelqu’un de très manichéen, alors oui, je sais, tout au fond de moi, qu’il est possible qu’un jour, je me réveille sans plus avoir la moindre envie d’écrire. Je ne le souhaite pas, mais je sais que c’est dans mon tempérament. Et si ça doit arriver, ça arrivera. Écrire est une passion, un besoin, une envie. Que ce soit quelque chose d’éphémère ou pas, quelle importance, au fond ? Je n’écrirai jamais par obligation, par corvée. Advienne que pourra ;)

10. Pourquoi avoir accepté de participer au Trophée Anonym'us ?
J’aime beaucoup l’idée que les nouvelles soient anonymes et que les participants soient à la fois des romanciers publiés et des personnes qui ont envie de se frotter à l’écriture d’une nouvelle... J’ai suivi les deux éditions précédentes en lisant un certain nombre de textes, et quand on m’a offert l’opportunité de participer pour l’édition 2017, j’étais ravie !

11. Voyez-vous un lien entre la noirceur, la violence de nos sociétés et du monde en général, et le goût, toujours plus prononcé des lecteurs pour le polar, ce genre littéraire étant en tête des ventes?
Je n’en suis pas certaine, je me demande même si, au contraire, face à la violence du monde, les lecteurs ne sont pas plus enclins à lire des textes légers et pleins d’espoir... Mais je me dis que peu importe l’état du monde et de notre quotidien, il restera toujours une part sombre chez n’importe quel être humain. Cette facette qui aime le noir, la douleur, la souffrance. Je crois que j’écris des choses assez dures parce que c’est une façon pour moi d’exorciser certaines peurs, de transcender certaines angoisses et de les dépasser par la fiction. Peut-être que les lecteurs ont ce même besoin ?

12. Vos projets, votre actualité littéraire ?
Un roman plutôt noir/polar qui sortira en autoédition en novembre prochain, et un roman de littérature générale qui sortira chez Michel Lafon au printemps 2018 !

13. Le (s) mot(s) de la fin ?
Merci de votre accueil sur le blog, j’ai hâte de découvrir, dans quelques mois, les nouvelles du cru 2017 !


Interview réalisé en collaboration avec le blog Lila sur sa terrasse

jeudi 7 décembre 2017

Un auteur sur la terrasse : Sylvain Forge

1.      Votre premier manuscrit envoyé à un éditeur, racontez-nous ?

Comme beaucoup d’auteurs en herbe, j’ai essuyé beaucoup de refus avant de trouver un petit éditeur qui accepta mon texte. C’était à compte d’éditeur, je tiens à le préciser. Le seul problème, c’était l’absence totale de promotion et de diffusion. Les livres étaient en ligne et c’est tout. Depuis, les droits ont été repris par les Éditions du Toucan et l’ouvrage, pratiquement réécrit a eu une nouvelle vie ; aujourd’hui j’ai même le plaisir de le voir nominé pour un prix prestigieux.

2.         Écrire… Quelles sont vos exigences vis-à-vis de votre écriture ?

Une bonne histoire (je vais en parler un peu plus loin), d’abord et surtout. Ensuite : un style honorable qui ne gâche pas le récit, surtout. Je m’efforce d’avoir une plume fonctionnelle, je ne prétends pas au style.

3.         Écrire… Avec ou sans péridurale ?

Ma femme a accouché de jumeaux et par respect pour ses efforts, je n’emploierai pas le terme de péridurale ici, écrire n’est quand même pas aussi douloureux ;) Mais c’est parfois difficile, en effet. Je considère qu’écrire est véritablement un travail, un métier. C’est ainsi que j’aborde la chose.

4.         Écrire… Des rituels, des petites manies ?

J’ai mon stylo fétiche qui me sert à prendre des notes dans un gros carnet, c’est ma boîte à idées. Sinon, j’écris où je peux, quand je peux, souvent avec des bouchons dans les oreilles.

5.         Écrire… Nouvelles, romans, deux facettes d’un même art. Qu’est-ce qui vous plaît dans chacune d’elles ?

Ce que j’aime avant tout — quel que soit le format retenu — c’est raconter des histoires ; c’est un noble art, indispensable aux hommes, comme en témoignent les peintures rupestres et tout ce qui a suivi, jusqu’aux séries américaines, en passant par les contents de fée. Une histoire nous aide à vivre. Voilà pourquoi les déportés écrivaient de la poésie ou lisaient Victor Hugo ! Quand on pense que la 7e saison de Game of Throne a été piratée 1 milliard de fois… les hommes veulent des histoires. Encore faut-il raconter de bonnes histoires. C’est là que le métier d’auteur est passionnant.

6.         Votre premier lecteur ?

Ma compagne, attentive aux fautes, longueurs et incohérences de tout poil.

7.         Lire… Peut-on écrire sans lire ?

D’un point de vue technique, certainement. Mais pour ce qui est d’écrire un livre publiable, je ne vois pas comment il est possible d’écrire sans lire de concert. Dans le domaine du polar, où tant de choses ont déjà été écrites, innover implique de mettre en place de bons mécanismes dramaturgiques qu’on ne peut s’être bricolés qu’après avoir lu la prose des autres.

8.         Lire… Votre (vos) muse(s) littéraire(s) ?

Pas de muse, mais de nombreux échanges avec une amie toulonnaise, Isabelle, qui m’a inspiré un personnage féminin et récurrent dans 3 de mes livres : Isabelle Mayet.

9.         Soudain, plus d’inspiration, d’envie d’écrire ! Y pensez-vous ? Ça vous est arrivé ! Ça vous inquiète ? Que feriez-vous ?
           
Le manque d’inspiration, je connais parfois ça au milieu d’un récit, entre deux scènes. Il me manque quelque chose pour raccorder deux maillons de mon histoire. Une seule chose à faire : prendre du recul, ne pas paniquer, laisser l’inspiration revenir en gardant un carnet et un stylo à portée de mains. Je touche du bois, l’inspiration est toujours revenue.

11.      Pourquoi avoir accepté de participer au Trophée Anonym'us ?

Parce qu’il devient de plus en plus renommé, parce qu’écrire des nouvelles m’apprend à synthétiser mes histoires : un bon exercice pour moi, toujours tenté par les intrigues chorales et labyrinthiques. Parce qu’il y a des auteurs de prestige dans la liste des participants.

12.      Voyez-vous un lien entre la noirceur, la violence de nos sociétés et du monde en général, et le goût, toujours plus prononcé des lecteurs pour le polar, ce genre littéraire étant en tête des ventes?

Les enfants adorent avoir peur avec les histoires de sorcière et sans doute que les adultes aussi. Mais l’explication est sans doute à chercher du côté des femmes : selon les études, 70 % des lecteurs seraient des lectrices… de polar pour la majorité d’entre elles. Elles cherchent la transgression et le frisson, tout en restant assises dans leur fauteuil. Peut-être que la littérature blanche est devenue nombriliste et que le polar, quant à lui, n’a pas renoncé à raconter des histoires. Les histoires… toujours.

13.      Vos projets, votre actualité littéraire ?

Un polar cet automne qui fera suite à « un parfum de soufre » paru il y a quelques années aux Éditions du toucan.

14.      Le (s) mot(s) de la fin ?

Écrire et faire publier des textes, voilà une tâche bien ardue quand on travaille toute la semaine et qu’on est papa d’une famille nombreuse, mais quel bonheur ! J’espère avoir un jour plus de temps pour écrire et surtout continuer à tenir la plume le plus longtemps possible.


Interview réalisé en collaboration avec le blog Lila sur sa terrasse

jeudi 30 novembre 2017

Une auteure de la team sur la terrasse : Sabine Dormon

1. Votre premier manuscrit envoyé à un éditeur, racontez-nous ?
J’ai commencé par un recueil de nouvelles très brèves. Des micro-nouvelles engagées, écrites suite à une déception politique. Des déceptions politiques, j’en ai depuis que je suis en âge de m’intéresser à la vie publique, mais celle-ci me touchait tout particulièrement. Je faisais partie d’un mouvement qui se battait pour la régularisation de 523 familles de requérants d’asile et contre les incessants durcissements de la loi ad hoc. Un référendum avait été lancé. Il a été balayé en votation.

Ces petits textes ont été autant de cris de colère et d’invitations à se placer dans la peau des migrant-e-s concernés. Comme je n’y connaissais rien au monde de l’édition, je pensais que le livre, coécrit avec une autre militante, dégagerait d’importants bénéfices que l’éditeur pourrait reverser au Service d’aide juridique aux exilés. Le recueil a été tiré à 5000 exemplaires, ce qui est énorme pour la Suisse romande, et malgré un indéniable succès, il en est resté une muraille d’invendus.

2. Ecrire… Quelles sont vos exigences vis à vis de votre écriture ?

J’attends de mon écriture qu’elle vienne quand j’ai du temps pour écrire. Qu’elle s’arrange pour être au rendez-vous quand j’ai pas trop de boulot. Je tolère qu’elle me réveille parfois la nuit, si elle a des idées valables à me soumettre. Dans ce cas, j’écris dans un carnet sans allumer la lumière, en posant le pouce gauche à la hauteur de la ligne que je suis en train d’écrire pour éviter que les phrases se chevauchent.
Parfois, j’attends d’elle qu’elle chante, qu’elle joue avec les sons, ou qu’elle invente des mots ou des structures grammaticales qui ne font pas partie de ma langue.

3. Ecrire… Avec ou sans péridurale ?

J’ai longtemps cru que les psychotropes aidaient et j’en ai abusé jusqu’à plus soif. Ils se sont foutus de ma gueule. J’ai fini par m’en rendre compte et j’ai tout arrêté, par inaptitude congénitale aux demi-mesures. Et c’est là que j’ai commencé à écrire pour de vrai. Donc ni alcool, ni joints, ni péridurale.

4. Ecrire… Des rituels, des petites manies ?

Principal rituel : appeler ma sœur dès que j’ai pondu le premier jet pour le lui lire à haute voix tout affaire cessante, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit. Solliciter son avis avant que l’encre n’ait eu le temps de sécher. Et tenir compte de ses remarques autant que possible, parce qu’un regard extérieur a forcément raison. Je précise que je lui rends les mêmes services avec la même disponibilité, pleinement consciente de l’urgence de la situation.

5. Ecrire… Nouvelles, romans, deux facettes d’un même art. Qu’est ce qui vous plait dans chacune d’elles ?
J’aime le côté fonceur et imprévisible de la nouvelle, sa manière d’aller droit au but, mais jamais là où on l’attend, d’entrer sans préambule dans le vif du sujet, la sensation de chute libre qu’elle nous promet.
J’aime l’architecture du roman, l’épaisseur de ses personnages, les liens qu’on tisse avec eux, toutes ces vies parallèles.
Et dans un cas comme dans l’autre, toujours, la musique et le rythme des mots, leur espièglerie.

6. Votre premier lecteur ?
Il est bicéphale : ma sœur et mon compagnon, tous deux écrivains, donc à la fois critiques et bienveillants, éminemment utiles et compétents.

7. Lire… Peut-on écrire sans lire ?
Sans doute, le premier ou la première de l’humanité à avoir eu l’idée de coucher des mots par écrit l’a fait sans référence aucune. Mais fort heureusement, l’immense majorité des auteurs sont aussi des lecteurs, ce grâce à quoi il y a aujourd’hui encore plus de lecteurs que d’auteurs.

8. Lire… Votre (vos) muse(s) littéraire(s) ?
En vrac et pour citer les premiers qui me passent par la tête, il y a des gens comme Milan Kundera, Laurent Gaudé, Pascale Kramer, Stefan Zweig, Olivier Adam, Sartres, Maupassant, Tanguy Viel, Noël Nétonon Ndjékéry, Agnès Dessartes, Buzzati, Benacquista, Platon qui sont pour moi des puits sans fond d’inspiration

9. Soudain, plus d’inspiration, d’envie d’écrire ! Y pensez-vous ? Ça vous est arrivé ! Ça vous inquiète ? Que feriez-vous ?

L’écriture se nourrit de la vie. Quand je n’ai plus envie d’écrire, c’est que la vie m’appelle à d’autres aventures qui, une fois digérées, alimenteront certainement mon inspiration. Forte de cette idée, je me laisse facilement dissiper par des rencontres, des expériences inédites, des activités, des défis. Et parmi les gens que je côtoie, beaucoup se projettent dans mes histoires, en tant que personnages, mais jamais dans les rôles ou les situations que j’aurais imaginés.

10. Pourquoi avoir accepté de participer au Trophée Anonym'us ?
J’en rêve depuis que j’ai eu vent du Trophée. L’idée d’organiser un concours sous cette forme est excellente, je trouve génial de faire se mesurer des auteurs qui n’ont plus rien à prouver et d’autres plus novices ou moins reconnus, fabuleux que les premiers jouent le jeu, je n’ai rencontré que des gens sympas et passionnés dans le cadre de cet événement et, pour une petite Suisse, toute occasion de mettre un orteil en France, littérairement parlant, est bienvenue.

11. Voyez-vous un lien entre la noirceur, la violence de nos sociétés et du monde en général, et le goût, toujours plus prononcé des lecteurs pour le polar, ce genre littéraire étant en tête des ventes ?

Je déteste les étiquettes, les modes, les mouvements de masse et les classements en genres. Il y a de bons livres dans tous les genres ou presque, et surtout parmi les inclassables, le grand public a souvent des goûts pathétiquement convenus et toutes les époques ont été marquées par la violence. Je crois que les gens qui ont réellement connu l’enfer sont les plus aptes à chercher la lumière, le noir m’apparaît parfois comme une (im)posture de privilégié.

12. Vos projets, votre actualité littéraire ?
Un micro-roman vient de paraître chez un éditeur spécialisé dans le noir. Sinon, je suis à la recherche d’un éditeur pour mon septième ouvrage, un récit intitulé Tonitruances autour de la colère qui se transmet d’une génération à l’autre et ravage tout sur son passage.

13. Le (s) mot(s) de la fin ?
Si un gros éditeur français souhaite publier ou du moins lire « Tonitruances » suite à cette interview, qu’il sache que moi, je suis d’accord et même si ce n’était pas le cas, je tiens à remercier chaleureusement les initiateurs de ce concours, les organisateurs et toute l’équipe qui gravite autour pour les magnifiques rencontres, croisières, repas que cet événement a déjà occasionné pour moi et pour tous ceux qu’il me projet encore.